La matière première : l'argile
Quelle est la différence entre la terre et l’argile ?
L’argile est présente sur tous les continents de notre planète terre.
Elle est issue de la décomposition de roches sédimentaires. Les roches ont été lessivées sur des millénaires, les miniscules fragments transportés par le cycle de l’eau, et entassés au fond des océans afin de constituer des poches ou des filons d’argile de qualité différentes suivant la nature des roches et des dépôts successifs.
Quels sont les différents types d'argile ?
Les argiles sont de différentes natures suivant les matières géologiques qui constitue ce filon. Il existe es argiles de grès,des argiles de faïence, voire de porcelaine, pour un filon ne présentant presque aucune impureté. Les argiles peuvent être de différentes couleurs : blanche, rouge, grise ou même noire. Certaines argiles peuvent conserver leur couleur après cuisson, lorsque d’autres ont une variation plus ou moins importante.
Qu'est-ce que l'argile plastique ?
Une des propriétés principales de l’argile est d’être façonnable naturellement. A ce titre, l’argile est une matière dite »plastique ».
Les argiles sont plus ou moins plastiques et le sont lorsqu’elles sont humidifiées.
Lorsque l’argile sèche, elle devient solide et en même temps elle est facilement fragile et cassante. Il est possible de la ré-humidifier pour à nouveau la travailler. C’est un matériau recyclable indéfiniment.
Le grès de St Amand-en-Puisaye est la matière première de toutes les pièces fabriquées à l’atelier. Cette terre d’origine française est couramment utilisée chez de nombreux potiers français. Elle est livrée
en pain de terre prête pour le tournage.
L’argile que j’utilise est grise foncée, presque noire lorsqu’elle est humide. Elle vire au gris clair lorsqu’elle sêche et change encore de couleur après les cuissons.
FACONNER LES PIECES
La première étape est de façonner les pièces à partir de cette argile qui est plastique, jusqu’à obtenir le résultat désiré. Plusieurs techniques existent le modelage, le colombinage, l’estampage et le tournage.
A la Papoterie, la grande majorité des pièces sont tournées. Je pratique un peu le modelage (petits animaux par exemple) et l’estampages pour certaines pièces également.
Le tournage
La première étape est de préparer une motte de terre.
Après avoir centré la terre, le potier (ou -en l’occurrence-la potière) façonne la pièce sur la girelle pour obtenir la forme désirée.
Les mains sont les principaux outils de cette étape.
Toutefois l’éponge et l’estèque peuvent être régulièrement utilisées. L’éponge permet de nettoyer le tour voire la pièce. L’estèque permet d’obtenir un aspect lisse sur la paroi de la poterie.
Ce sont des gestes ancestraux qui ont été mis au point il y a fort longtemps et transmis de potiers en potiers.
A l’issue d’une petite période de séchage, l’argile se durcit à une consistance dite « cuir ». La consistance rappelle celle du cuir. La pièce n’est pas complétement sèche mais plus tout à fait malléable non plus. A ce stade, il est possible de réaliser les étapes de finition : tournassage, ansage et toutes les finitions. Il est possible aussi de réaliser les décors en enlevant ou en ajoutant de la terre.
Sur certaines pièces, Les décors seront réalisés à ce même moment du séchage lorsque la pièce aura changé de consistance emais n’est pas encore sêche.
LE SECHAGE
Le séchage est une des étapes cruciales. Il faut veiller à ce que la pièce sèche lentement ou en tout cas uniformément et complétement. L’eau résiduelle de l’argile doit s’évaporer entièrement.
Le temps de séchage dépend de plusieurs éléments : le type d’argile, l’épaisseur de la pièce, la température extérieure mais surtout du taux d’humidité de l’air ambiant. Il est difficile de prévoir le temps exact nécessaire au séchage. L’œil averti que l’artisan pose sur ses pièces sait le déceler et la main du potier à travers le toucher de la pièce permet de s’en assurer.
Néanmoins, tout céramiste apprend que le temps est un compagnon intrinsèque de son travail, qui tour à tour peut le ralentir, le contraindre ou le booster.
LA PREMIERE CUISSON
Après séchage final des pièces, il est procédé à une première cuisson site de « dégourdi », parfois aussi appelée « biscuit ». Les pièces sont débarrassées de toute l’eau résiduelle. Un retrait peut être observé.
Les pièces sont enfournées le plus délicatement possible pour éviter les fissures pouvant se créer suite à une petit choc entre les pièces.
Le four est lancé sur une programme qui va durer environ huit heures pour atteindre une température de 980 degrés.
Après un journée de refroidissement environ, le four est ouvert et les pièces ont changées de couleur. L’argile s’est transformée en céramique. Ce tesson est dur, il ne peut plus se casser facilement avec les doigts et il a perdu les propriétés plastiques et réversibles de l’argile.
L'EMAILLAGE
Après la première cuisson, l’émail va être appliqué sur le tesson, c’est à dire la pièce qui a subie la cuisson.
L'émail ou les émaux
L’émail est constitué de différentes matière premières : feldspaths, silice, kaolin, talc et craie. Les quantités et origines des matières premières vont constituer la nature de l’émail, sa brillance, son état (bulleux ou fondant) et donc son rendu final.
A cette base d’émail, il est également ajouté différents minéraux, oxydes et carbonates. Chaque minéral ou oxyde va déterminer la couleur finale de la pièce.
Le bain d’émail est constitué de poudre en dispersion dans de l’eau. Lorsque l’émail est appliqué sur la pièce, l’eau s’évapore et il se dépose une fine couche de poudre sur la pièce.
Quelles différences entre peinture et émail ?
L’émail n’est pas de la peinture. L’émail est le résultat de transformations physiques et chimiques qui ont lieu dans le four lors de la cuisson. Ces matières premières s’imbriquent entre elles sous formes de cristaux et sont intrinsèquement liée au tesson.
J’ai appris à confectionner moi-même mes émaux à partir de ces matières premières. Ceci me permet d’obtenir une gamme de couleur, de brillance et un état final qui me sont propres. J’ai mis au point l’ensemble de ces « recettes » d’émaux . Ces émaux sont issus d’une recherche personnelle qui a demandé de nombreuses heures de travail et d’expériences.
A la Papoterie, nous confectionnons les émaux à partir de matières premières. La mise au point des recettes – la liste et quantité de chaque matière première- est issue de différents tests réalisés sur des petites tesselles. En effet, la recherche de nouveaux émaux est longue et nécessite une méthodologie de recherche précise. L’apparence et la composition de l’émail nécessite des connaissances techniques, de faire des calculs molaires. La complexité des émaux s’améliore avec l’expérience.
Cette démarche permet d’obtenir des couleurs, des brillances et un état final qui sont propres à l’atelier.
LA SECONDE CUISSON
Une seconde cuisson est alors réalisée pour obtenir la pièce émaillée. Lors de cette seconde cuisson dite de « haute température », l’ensemble des composants utilisés dans l’émail va subir des transformations chimiques et des transformations physiques dans le four.
Cette fois-ci, le four monte à une température avoisinant les 1280°C pour obtenir une cuisson adéquate au grès. A l’issue de cette cuisson, les pièces sont recouvertes d’un émail.